BRIVE / C.LAUSSUCQ :
« Plus une petite équipe »
Nicolas COUET - lundi 17 novembre 2008 - 14h22
Grâce à un succès de prestige face à Clermont, Brive a lancé sa saison et espère effacer un début de championnat difficile. L’entraîneur des avants corréziens, Christophe Laussucq, veut confirmer ce cap et souhaite être davantage pris au sérieux.
Christophe Laussucq, comment avez-vous vécu la victoire face à Clermont (18-16, 10eme journée de Top 14) ?
On avait un calendrier compliqué avec beaucoup de gros déplacements. Dans nos têtes, on commençait une deuxième période du championnat avec plusieurs matchs à domicile. Il fallait commencer par gagner pour que cette victoire en appelle d’autres. Il ne fallait pas se mettre le doute en perdant et rester au fond du classement. Ces quatre points font du bien. Encore plus contre Clermont qui est toujours une équipe dangereuse.
Ce derby constituait-il un match charnière pour Brive ?
C’était un moment charnière. C’était compliqué puisque que c’était un derby face une grosse équipe. Il y avait beaucoup d’ingrédients pour vraiment bien démarrer mais aussi pour se mettre dans le doute. C’était un vrai moment charnière et j’espère que c’est le déclic qu’on attend depuis pas mal de temps. Et que cela va donner la confiance qui a manqué à nos joueurs jusqu’à maintenant.
La solidité aperçue ces dernières semaines a payé. Est-ce le signe d’une progression ?
C’est véritablement le premier match serré qu’on arrive à gagner. Tous les matchs qui ont été équilibrés cette année, on les a perdus. Souvent sur pas grand-chose, sur des détails. J’espère que c’est un signe avec la petite réussite qu’il a fallu à la fin et un supplément d’âme pour faire basculer le match. C’est vraiment encourageant au niveau de l’état d’esprit.
« Ne pas tout foutre en l’air »
L’équipe a également fait preuve d’une grande solidarité. Est-ce là aussi une nouveauté ?
On a toujours été confiant. On voit le groupe évoluer depuis le début de l’année. Au niveau de l’état d’esprit, ce que les joueurs accomplissent est remarquable que ce soit à l’entraînement ou sur le terrain. On a toujours su qu’on avait un groupe soudé, fort et solidaire. Ce qui a manqué jusqu’à maintenant c’est ce coup de dé. Cette mêlée au bon moment qui fait tourner un match. Ça, on n’avait pas su le provoquer. Les joueurs ont toujours fait preuve de cet état d’esprit et de cette solidarité. Pour une fois, ça a payé. On a commençait à penser qu’on était les chats noirs, que les arbitres ne voyaient que nos fautes. Tout d’un coup, en cinq minutes, ils ont vu les fautes de l’adversaire.
Pouvez-vous nous dire un mot sur le pack, impressionnant samedi ?
Il n’y a pas de surprise. On avait tenu la dragée haute à Toulouse où nous avions fait plus que jeu égale en conquête. On avait bousculé les Bayonnais chez eux à un certain moment. Il n’y a que les autres qui ne n’en s’étaient pas rendu compte. Tout le monde sait qu’on a un gros pack et qu’on commence à être en place au niveau conquête. Tout le monde nous redoute. Ça confirme ce qu’on sait de nos joueurs. Il est temps que les médias et le grand public le prennent en considération. Ça nous aidera aussi vis-à-vis des arbitres. Jusqu’à présent, j’ai l’impression que nous avons été arbitrés comme une petite équipe et j’ai l’impression que ce n’est plus le cas. On est une équipe disciplinée. J’espère que le match de samedi aura aussi marqué les esprits et fait prendre conscience à tout le monde qu’on est plus une petite équipe.
Clermont s’inscrit véritablement comme un match référence. Votre saison est-elle lancée ?
J’espère. Il ne faut pas s’emballer. On a encore un match compliqué samedi prochain (ndlr : face à Montauban). Il ne faut pas que tout s’écroule. À un moment clé de la saison, il ne faut pas tout foutre en l’air. Ça sera encore un match difficile face à une équipe qui joue en Coupe d’Europe. Il ne faut pas tomber dans l’excès inverse et ne pas s’emballer. On a encore des lacunes, du mal à concrétiser les moments forts. Il faut rester là dedans et garder le même état d’esprit, nos intentions de jeu, notre conquête, garder tout ce qui a été positif. Il faut continuer à travailler dur.