Travers : «Pas d'affolement»
La gifle reçue à Sapiac contre Toulouse (10-41) a laissé des traces à Montauban. Elle a d'abord confirmé le début de saison poussif du MTG, décevant dixième après cinq journées. Après deux exercices très réussies, les Tarn-et-Garonnais peinent à franchir l'étape suivante, et Laurent Travers le sait bien. L'entraîneur montalbanais ne veut pourtant pas tirer la sonnette d'alarme, et rappelle que ses joueurs font au mieux dans un contexte difficile. Les problèmes récurrents de trésorerie commencent sérieusement à plomber l'ambiance, et à influer sur les résultats sportifs. Conscient de tous ces problèmes, Travers (photo L'Equipe) aimerait juste se recentrer sur le terrain, avant un match capital contre Castres samedi.
«Laurent Travers, après la lourde défaite subie contre Toulouse, dans quel état d'esprit est votre groupe ? Comment s'est passée la semaine ?
La semaine s'est passée comme les autres semaines. Vous savez, si l'on regarde ce qui s'était passé la saison dernière, nous avions aussi perdu contre Toulouse, bien sûr avec une score beaucoup plus serré (ndlr : 12-16), mais sur le plan comptable les données étaient les mêmes. Donc il n'y a aucun affolement par rapport à la situation. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut s'adapter aux nouvelles règles, aux nouveaux systèmes, et maintenant l'important c'est que tout le monde se recentre un peu sur le côté sportif.
Vous n'avez donc pas senti de traumatisme auprès de vos joueurs ?
Non pas du tout, parce que quand vous jouez une équipe de Toulouse comme celle-là, il est difficile de gagner. Bien sûr, nous sommes passés un peu à côté du sujet, mais en plus, Toulouse a fait ce qu'il faut pour que l'on passe encore plus à côté.
Vous avez eu des mots forts après la rencontre, en estimant que Montauban n'était «pas invité à un rugby de ce niveau». Vous pensez qu'il y a une telle différence entre le MTG et les grosses écuries comme Toulouse ?
Il y a déjà un écart sportivement parlant en terme d'effectif. Ensuite, il y a un écart en terme de budget. Quand vous avez une équipe qui a 27 millions d'euros de budget et une autre qui en a 9, c'est normal qu'on le ressente aussi un peu sur le terrain. Ce n'est pas faire injure à qui que ce soit que de dire ça. Mais il faut être réaliste.
«Il est hors de question de fixer des objectifs autres que le maintien»
La début de saison difficile de Montauban remet-il en cause les ambitions du club ?
Pourquoi ? Notre ambition reste le maintien, donc on ne peut pas la mettre plus à la baisse quand même. L'ambition du club a toujours été le maintien, il ne faut pas oublier d'où l'on vient. On le sait, et on sait où on veut aller. Il ne faut pas oublier non plus notre situation financière difficile. On fait la Coupe d'Europe parce que les joueurs ont réalisé deux grosses saisons, mais il faut faire attention. On sait qu'en ayant en plus la H-Cup à disputer, il est hors de question de fixer des objectifs autres que le maintien. Donc si vous dites qu'on revoit les ambitions à la baisse, ça veut dire qu'on joue la descente.
Mais vos deux dernières saisons, plus un recrutement intéressant, ne vous avaient pas donné envie de viser plus haut ?
Pour viser plus haut, dans le sport comme ailleurs, il faut que tout augmente. Ce qui n'a pas été le cas.
Justement, la situation financière du club est critique. Quel est l'impact de cette incertitude au sein du groupe ?
On essaie de faire abstraction de tout cela. Nous, les joueurs et le staff, on ne s'occupe que du terrain. Jusqu'à maintenant, on essayait de colmater, de cacher la vérité aux joueurs, mais cela devient difficile. Et il ne faudrait pas que ce soit l'extra-sportif qui vienne nuire au sportif.
La rencontre contre Castres semble donc capitale. Quel sera votre discours ?
Le discours, c'est le même que tous les week-ends. Notre but, notre priorité, c'est la victoire. Parce qu'il est beaucoup plus facile de construire dans les victoires que dans les défaites. Et dans notre situation, nous avons besoin de points. Comme Castres. Mais il est très important d'avoir quatre points de plus samedi soir.»
Propos recueillis par Aymeric MARCHAL